Douce dystopie

AI et tablettes à l'école ? La fin du swipe ? Votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le fabuleux (mais flippant) monde de la tech… C'est parti !

Tech Trash
4 min ⋅ 19/02/2026

TOUT D’ABORD…

Salut tout le monde !

On espère que vous allez bien.

Vous avez peur de disparaître des réseaux le jour où vous disparaîtrez tout court ? Pas de panique : Meta a LA solution pour vous. Bon, dites-vous que ce n’est pas pire que de traquer votre comportement sur TikTok pour savoir si vous êtes un bon citoyen (ou pas). En attendant d’accepter de vivre dans cette douce dystopie, on vous a préparé une flopée de bonnes nouvelles pour bien commencer les vacances – si vous en avez. Attachez vos ceintures, c’est parti.

1/ Une « école privée alimentée par l'IA » : what could go wrong ? C’est l’histoire de l’Alpha School, une école à 65 000 dollars par an, présentée allègrement comme le futur de l’éducation (par Fox News et de manière plus surprenante le New York Times). Le pitch : grâce à ses « tuteurs IA », l’Alpha School promet de faire tenir tout le programme scolaire dans seulement « 2 heures d'apprentissage » par jour et par élève. Et même de leur faire atteindre le top 2% des élèves les plus performants, via des plans de cours personnalisés, le tout évidemment généré par IA. Mais – mégasurprise – une enquête de 404 Media révèle une toute autre histoire : des cours aussi absurdes que bidons pondus par IA, un siphonnage organisé des données personnelles des étudiants (y compris des vidéos d’eux, utilisées pour entraîner l’IA), et une surveillance de masse de leurs moindres mouvements… Qui aurait pu prédire ?

2/ École toujours ! Rappelez- vous : en 2016, des apôtres du progrès nous expliquaient calmement qu’il fallait donner des tablettes aux enfants dès la maternelle (à trois ans, donc) pour « réduire l’échec scolaire ». En 2019, Valérie Pécresse s’engageait dans la bataille pour abandonner les ringards manuels et fournir des tablettes à tous les lycéens d’Île de France. Une bien belle vista, puisque moins de 10 ans plus tard, c’est le chemin parfaitement inverse qui semble se tracer. En Suède, après 15 ans de numérisation à tout va, le gouvernement vient d’annoncer un grand plan de 100 millions d'euros pour remplacer les tablettes par… de bons vieux manuels scolaires. Aux États-Unis, même retour au stylo-bic : d’abord chez certains étudiants qui refusent carrément d’utiliser leur ordi en amphi en tant que « luddites modernes », ensuite chez des parents qui s’organisent en masse pour faire campagne contre les tablettes dans les écoles de leurs enfants (et parfois, ils gagnent)

3 / Et paf, rebelote. Zuckerberg se retrouve à nouveau au tribunal dans ce qui pourrait bien être LE procès de l’année. Vous n’avez pas pu rater les headlines : Instagram (aux côtés de YouTube et TikTok) est accusé d’avoir délibérément conçu des produits addictifs pour enfants. Pour assurer sa défense face à la jeune utilisatrice (Kaley, qui affirme avoir commencé Instagram à 9 ans, y avoir passé jusqu’à 16 heures par jour, et y avoir développé anxiété, troubles de l’image corporelle et pensées suicidaires – quand même), le patron de Meta a d’abord botté en touche, avant de reconnaître en filigrane que oui, l’entreprise avait « des objectifs » (comprenez : retenir TOUT le monde devant son smartphone, y compris les très jeunes utilisateurs). C’est l’avocat de la plaignante qui a enfoncé le clou : « Google et Meta ont délibérément conçu leurs produits, YouTube et Instagram, pour rendre les utilisateurs accros et les inciter à revenir, non pas par hasard, mais de manière intentionnelle, car la dépendance est rentable ». Ce à quoi le patron d’Instagram Adam Mosseri a rétorqué que bien sûr que non, passer 16h par jour (devant Insta) ce n’était « pas de l’addiction ». Re-paf ! Si 86 % des Américains sont ravis que les plateformes soient traînées en justice sur ces questions, l’enjeu est réel : il pourrait faire office de cas d’usage pour des centaines d’actions similaires, avec à la clé des amendes de plusieurs milliards de dollars. Alors, prêt à sortir le chéquier, Zucky ?



L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE

Never swipe again

Encore une nouvelle application révolutionnaire qui va changer le monde (et nos vies par la même occasion) ? Lancée par des étudiants de Stanford, DateDrop propose d’aller à rebours des apps de rencontre actuelles, pour rendre le dating un peu moins complexe pour une bonne partie des gens (à commencer par… les étudiants de Stanford). Tout d’abord, l’idée est de vous éviter l’addiction et les dérapages habituels, tout en se basant sur un principe simple : remplacer les swipes par un questionnaire, une analyse de compatibilité et surtout…  un seul date (qui drop) par semaine (tous les mardis à 21h). Vous avez bien lu : un seul. L’idée est donc de matcher moins (avant) mais de faire plus d’efforts (après), tout en reprenant le principe du « drop » qui cartonne dans l’e-commerce et dans le monde du textile et des sneakers (avec les fameux drops de Supreme, Nike…)

Et selon son créateur Henry Weng, ça marche du tonnerre : les matchs se transforment en vrais RDV 10 fois plus souvent que sur Tinder. Vous l’aurez compris : plutôt que de se fier à votre instinct quand vous glissez la photo d’un éventuel partenaire à droite (ou à gauche), DateDrop internalise la sélection et ne vous donne que le résultat. Derrière un storytelling « anti-swipe » et « slow tech » se cache donc avant tout un pilotage quasi-intégral de la rencontre par votre Cupidon 2.0. Mais quand on sait qu’il existe désormais des cafés pour se faire de vrais dates avec son « AI-partner », c’est peut-être pas ce qu’il y a de plus grave, en fait !


ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE

Votre pub ici ?

Cette semaine, on profite du fait de ne pas avoir de pub pour vous proposer de faire la vôtre chez nous !

En plus de faire votre promo et de toucher des dizaines de milliers de lecteurs toujours très intéressés par ce qu’on leur raconte, vous soutenez un média 100% indépendant (et ça, c’est quand même pas mal).

Donc voilà, si vous aussi, vous voulez annoncer dans Tech Trash, rien de plus simple : écrivez-nous à hello@techtrash.fr et on vous enverra notre jolie plaquette

On attend de vos nouvelles ! Allez, bisous.



Allez, bisous !Allez, bisous !

Merci d'avoir perdu 5 min.

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(On espère que vous êtes contents). ❤️‍🔥

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Bonus : Bientôt les vacances ? Ou bientôt les « sleepcations » ? L’IA « woke » existe : d’après le Pentagone, c’est Anthropic – Les makers s’activent contre ICE – Les influenceurs bientôt concurrencés par… les chatbots – Pour une fois, notre PR dit un truc pas con sur Elon, non ? – Même si certains disent qu’il ne faut pas confondre contrats de service et aide publique… – Chez Google, si tu veux pas d’IA, tu prends la porte (et un pactole au passage) – Mégasurprise (pt. 2) : l’algo de X vous pousse vers la droiteSearch Party de Ring reposait bien sur un projet dystopique de surveillance – En Europe, on interdit l’infinite scrolling – Mais est ce que ça existe vraiment l’addiction aux RS ? (On est pas sûrs sûrs) – La suite… la semaine prochaine !


Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘

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