AI-burnout ou AI-washing ? Vitalism ou Search Party ? Votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le fabuleux (mais flippant) monde de la tech… C'est parti !
TOUT D’ABORD…
Salut tout le monde !
On espère que vous allez bien.
Alors, vous avez raté la hype Moltbook ? Pas grave. Impossible en revanche d’être passé à côté de Search Party (voir plus bas) – et accrochez-vous, parce que GeoSpy arrive juste derrière, une app « magique » capable de deviner où une photo a été prise, au mètre près. Ça vous angoisse ? Youpi, bienvenue dans l’âge d’or de la surveillance généralisée ! Et en attendant, voici quelques infos pour ne pas perdre espoir… Allez, c’est parti :
1/ Vous n’êtes pas sans le savoir : le discours le plus séduisant de ces dernières années consiste à dire que l'IA nous libérera des chaînes du salariat et permettra d’atteindre gaiement la semaine de 4 jours. C'est l’idyllique sauce vendue par l’industrie tech depuis trois ans. La réalité quant à elle, vient d’être publiée dans Harvard Business Review, et elle n’est pas vraiment jojo, vu que… c’est exactement l’inverse (ou presque) ! Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les employés qui utilisent intensément l’IA ne bossent pas moins, au contraire : ils travaillent autant, voire plus ! Et ce jusqu’au burnout… En effet, si l’IA permet aux employés en question d’effectuer plus rapidement leur métier, en échange, ils se voient assignés à un nombre de tâches de plus en plus important. Avec des todo-lists qui s’allongent donc de jour en jour, ils ont plus de responsabilités, plus de charge mentale, et, in fine, beaucoup plus de boulot qu’avant ! La preuve la plus éclatante est probablement que les offres d’emploi des boîtes de l’IA vantent désormais la semaine de 72h (ce qui est difficilement faisable en 4 jours). Si certaines études avaient sérieusement remis en question la capacité de l’IA à améliorer de façon concrète la productivité au travail (notamment chez les développeurs), avec la conclusion qu’elle pouvait aussi faire perdre beaucoup de temps (avec le concept de workslop), les nouvelles conclusions démontrent que même en cas d’économie de temps, avec l’« AI burnout », c’est l’employeur qui se régale, et le salarié qui bosse… plus qu’avant ! C’est ballot…
2/ Dans la même veine, rappelez-vous : il y a quelque temps, on parlait de ces entreprises qui se pavanaient d’être à l’avant-garde de l’IA alors qu’en fait… pas du tout. On appelait ça du « AI washing », en référence au fameux greenwashing. Aujourd’hui, il y a une nouvelle vague de « AI washing » qui est en train de nous rouler dessus : celle des boîtes qui disent qu’elles ne peuvent pas faire autrement que de licencier à tout va à cause de l’IA, alors qu’en fait… pas du tout. En effet, depuis quelques mois, c’est la nouvelle excuse toute trouvée qui circule dans les communiqués RH. Selon une étude relayée par le New York Times il y a quelques jours, plus de 50 000 licenciements en 2025 ont été officiellement « justifiés » par l’Intelligence Artificielle – la plupart du temps « par anticipation ». Ça va d’UPS qui parle d’« AI automation » jusqu’à Microsoft en passant par Pinterest, HP et bien sûr Amazon où l’on taille dans le gras à toute berzingue, vu que l’entreprise, qui se considère comme « la plus grande start-up du monde » est convaincue qu’une « organisation plus légère » est la clé pour s’imposer à l’ère de l’IA (et de toute façon les entrepôts fonctionnent beaucoup mieux quand ils sont gérés de cette façon). Le pompon de l’absurde de cette vague de licenciements « préventifs » revient sans aucun doute à Meta qui a licencié, fin 2025, une partie de son pôle de recherche en IA (eh oui) afin d’être… plus agile. Bravo Zuck : remplacer les chercheurs sur l’IA par de l’IA, quelle riche idée !
3 / Dans la grande famille des gens qui pensent que la mort n’est rien d’autre qu’un « bug », une erreur à corriger, voici venir les « vitalists » : une bande d’accros à la longévité qui ne veulent pas vivre mieux, mais… éternellement. Parce que oui, mourir de façon involontaire est moralement inacceptable, voire tout bonnement « insupportable » (comme dirait Pascal Praud). Et si le mantra du mouvement « vitaliste » est d’une simplicité biblique (la vie = le bien, la mort = le mal), sa stratégie repose sur un panaché de théories qui pourraient éventuellement donner envie, mais, dès qu’on y regarde de plus près, sont toutes plus fumeuses les unes que les autres. On retrouve un zeste de revival religieux (qui a le vent en poupe), une pincée de lobbying libertarien (pareil), une louche de délire entrepreneurial rétro sans oublier une dose de compléments alimentaires et beaucoup de soleil Californien ! Le résultat est à découvrir lors des inénarrables « Vitalist Bay Summits », ces grandes messes vitalistes où vous pourrez passer un scanner DEXA (apparemment ça peut servir – ou pas) et faire du karaoké 24h sur 24, des fiestas organisées dans la Bay Area parce qu’il y a les gens les plus influents et riches du pays, tout simplement ! Vous l’aurez compris : le but de cette orga (qui n’est pas une secte, mais pas loin) est 1/ d’embarquer une flopée de millionnaires qui ne savent pas quoi faire de leurs brouzoufs, activer leur réseau d’influence et ainsi peser sur les lois des États 2/ faire sauter des verrous réglementaires pour rendre certains types de traitements expérimentaux accessibles rapidement et 3) transformer le monde en parc d’attractions clinique où les transfusions de plasma sont l’équivalent d’une cure de vitamines aujourd’hui. Et en attendant, on peut toujours discuter de la retraite à 60 ans !
L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE
Dans la grande famille des idées de génie présentées comme révolutionnaires, alors qu’elles sentent très fort le panoptique foucaldien, vous avez probablement eu vent de Search Party, la nouvelle fonctionnalité de Ring, les fameuses sonnettes connectées équipées de caméras. C’est lors du dernier Superbowl (vous savez, celui avec Bad Bunny au top de l’indice « chasse d’eau ») qu’Amazon (qui a racheté Ring en 2018) a présenté au monde cette incroyable nouvelle invention qui vous permet « d’alerter » vos voisins si jamais vous perdez votre chien (ou si vous voyez passer un SDF trop près de chez vous ?). Comme par magie, les caméras du quartier se synchronisent toutes et se mettent à « traquer » l'intrus automatiquement grâce à l’IA. Paf !
Bon, force est de constater que le backlash a été immédiat : ce dragnet de surveillance (vendu avec la jolie promesse « Soyez un héros dans votre quartier ») s’est fait basher dans la seconde après la diffusion du spot. Médias, associations et même une partie des utilisateurs sont unanimes : « personne, pas même nos amis à quatre pattes, ne sera en sécurité dans le cauchemar de surveillance de Ring ». Rappelons d’ailleurs que quand il s’agit de pousser la « surveillance de quartier », Amazon n’en est pas à son coup d’essai : en 2019 déjà, l’entreprise encourageait les voisins à la délation, en leur promettant des codes promos et autres sympathiques réductions… pour équiper leur maison de caméras ! Du coup, Ring ou Palantir, qu’est-ce qui est pire, finalement ?
ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE
Cette semaine, on profite du fait de ne pas avoir de pub pour vous proposer de faire la vôtre chez nous !
En plus de faire votre promo et de toucher des dizaines de milliers de lecteurs toujours très intéressés par ce qu’on leur raconte, vous soutenez un média 100% indépendant (et ça, c’est quand même pas mal).
Donc voilà, si vous aussi, vous voulez annoncer dans Tech Trash, rien de plus simple : écrivez-nous à hello@techtrash.fr et on vous enverra notre jolie plaquette ✨
On attend de vos nouvelles ! Allez, bisous.
Allez, bisous !
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(On espère que vous êtes contents). ❤️🔥
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Bonus : Finalement Elon Musk ne veut plus aller sur Mars mais sur la lune - Prêts pour le backlash du Dry January ? – Zut alors, il est de plus en plus dur de devenir influenceur - À part si vous vendez les droits de votre « avatar IA » ? – Nouvelle passion unlocked : Youtube, version classeur – Des nouvelles de la bulle de l’IA - En RDC, 200 personnes sont mortes dans une mine de coltan, et tout le monde s’en fout - Respectez-vous l’AI étiquette ? - Un tiers des étudiants américains checkeraient leur tel pendant qu’ils font l’amour (oui, pendant) - Pendant ce temps, les cryptobros ont déboursé 300k pour s’offrir une statue géante de Trump – Attention, voilà le « slop flood » ! – Les fondateurs de start-ups rajeunissent : désormais, ils ont moins de 16 ans – Et quelques licenciements de plus prévus pour 2026 – La suite… la semaine prochaine !
Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit·e il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘