LOVE

Élever son homard – AMI et World Labs – la syntaxe chez les puissants – votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le fabuleux (mais flippant) monde de la tech… Let's go !

Tech Trash
5 min ⋅ 13/03/2026

TOUT D’ABORD…

Salut tout le monde !

On espère que vous allez bien, et que vous n’êtes pas (encore) touchés par la fameuse « AI psychosis ». Ce serait ballot. Si jamais c’est le cas, deux solutions s’offrent à vous : suivre l’un des innombrables influenceurs religieux qui cartonnent en ce moment, pour tenter de retrouver paix et sérénité… ou lire la newsletter de la semaine, avec quelques succulentes news pour garder foi en l’humanité (on vous conseille plutôt la deuxième option). Allez, c’est parti :

1/ Après les chatbots, voici la montée en flèche des agents IA (ces assistants capables non seulement de répondre à vos questions, mais aussi d’agir à votre place : envoyer des mails, réserver un resto, gérer votre agenda…). L’un d’entre eux est en train de déclencher une petite hystérie technologique mondiale : OpenClaw. Lancé en novembre dernier par le développeur autrichien Peter Steinberger (qui a depuis rejoint OpenAI) ce projet open source permet de brancher un agent IA directement sur votre ordinateur et vos applis et de le faire bosser comme un véritable employé (avec parfois quelques mauvaises surprises). Si le phénomène a d’abord pris dans la Silicon Valley (avec la hype autour de Moltbook, qui vient d’ailleurs d’être racheté par Meta), il est littéralement en train d’exploser en Chine, où l’on parle désormais de lobster craze et « d’élever des homards » (en ref à son logo en forme de crustacé). Même les géants locaux de la tech s’y mettent : ByteDance et Alibaba développent leurs propres versions, Tencent a lancé ses « lobster special forces » compatibles avec WeChat et certaines start-ups du coin proposent même des agents avec 50 fonctions prêtes à l’emploi « en un clic » (sans parler des services d’installation « en 30 minutes » et même des « install parties » qui rassemblent des milliers de personnes). Si la promesse derrière OpenClaw est assez claire : donner à chacun la possibilité de fonder sa « one-person company », soit une entreprise créée par un humain et opérée par une armée d’agents IA, le résultat n’est pas forcément rassurant pour tout le monde. Les autorités chinoises ont même décidé de restreindre son usage dans l’administration, alertées par les risques en matière de cybersécurité. Pendant que certains s’extasient devant un nouveau « moment ChatGPT » d’autres évoquent une « trifecta létale » : accès illimité aux données personnelles, interaction avec du contenu non fiable et capacité d’exécuter des actions autonomes. Bref, que du bonheur !

2/ Le paradoxe de Moravec, ça vous parle ? Théorisée dans les années 1980 par le roboticien Hans Moravec, cette idée vieille de quarante ans résume assez bien le problème de l’IA actuelle : ce qui est (le plus) difficile à faire pour une machine est assez souvent trivial pour un humain. Marcher. Attraper un objet. Comprendre l’espace autour de soi… Et pour deux des plus grands chercheurs en IA, c’est précisément là que nous avons pris le problème à l’envers, en nous focalisant sur la compréhension du langage plutôt que sur celle du monde physique. En trois semaines, Fei-Fei Li et Yann LeCun ont levé (à eux deux) plus de 2 milliards de dollars pour financer une idée radicale : les modèles de langage (ChatGPT, Claude…) ne seraient rien de plus que des perroquets stochastiques. Impressionnants pour écrire des mails, coder un script ou résumer un texte de 200 pages… Mais très loin d’être capables de comprendre le monde. D’un côté, la pionnière de l’IA Fei-Fei Li a levé 1 milliard de dollars pour sa start-up World Labs. De l’autre, le Français Yann LeCun (ex-chef de l’IA chez Meta et figure historique du deep learning) a bouclé 1,03 milliard de dollars pour AMI Labs (Advanced Machine Intelligence), valorisée 3,5 milliards… alors qu’elle n’a ni produit, ni revenu, ni roadmap publique. Derrière cette pluie de billets verts, on retrouve le gratin des investisseurs mondiaux (notamment pour AMI) qui va de Jeff Bezos et Eric Schmidt à Nvidia, Toyota Ventures, les familles Mulliez et Dassault ou encore Xavier Niel. Leur pari commun : croire en la promesse de pouvoir construire des systèmes capables de comprendre et d’interagir avec des environnements physiques explorables (des « world models »), capables d’appréhender l’espace et les interactions réelles, pas seulement la probabilité du prochain mot dans une phrase. Et si cette hypothèse se révèle juste, la centaine de milliards déjà engloutie dans l’IA générative pourrait bien ressembler à la plus grande optimisation… d’un perroquet statistique. Et la compétition du moment (OpenAI vs Anthropic) ne serait alors rien de plus qu’une chamaillerie entre enfants gâtés de la Valley.

3/ Vous avez déjà remarqué que votre boss aimait rédiger ses mails en minuscule, de préférence totalement à l’arrache ? Rassurez-vous, ce n’est pas un cas isolé : selon le Wall Street Journal, ce laisser-aller typographique serait en réalité une épidémie chez les plus puissants. Qu’il s’agisse des Epstein Files (truffés de fautes venant de Jeffrey mais aussi de ses amis fortunés), de la note de Jack Dorsey annonçant le licenciement de 4 000 personnes tout en minuscules, ou encore des tweets de Trump rédigés comme des textos à 3h du mat’, tout tend vers la même conclusion : plus on a de pouvoir, moins on respecte la grammaire. Et s’il fut un temps où l’élite se parait d’un certain niveau de formalité écrite, aujourd’hui, les fautes de grammaire, d’orthographe, et de ponctuation sont un signe de pouvoir et de domination. Comme l’explique la professeure de linguistique Deborah Tannen, « cela signifie : “Je suis important, vous ne l'êtes pas” ». Bref, écrire n’importe comment, et être lu quand même. Paf !


LA MAUVAISE IDÉE DE LA SEMAINE

Peut-on licencier 4 000 personnes avec amour ? Pour Jack Dorsey, il semblerait bien que oui. Le cofondateur de Twitter, désormais patron de Block (ex-Square), vient en effet d’annoncer la suppression d’environ 40 % des effectifs de son entreprise dans le cadre d’un pivot stratégique vers… l’IA. Bon, ce n’est pas vraiment nouveau (on vous en parlait déjà il y a quelques semaines avec le fameux « AI washing ») : d’innombrables boîtes ont défaussé leur responsabilité sur l’IA pour justifier de nombreuses mises au chômage (parfois même exclusivement de « Gen Z »). Sauf que Jack a encore fait des siennes : lors de l’annonce desdits licenciements, ses collaborateurs l’ont découvert affublé d’une casquette sertie d’un énorme « LOVE » pailleté. Vraiment ? 

Dans une longue interview donnée à Wired, Jack explique qu’il a voulu gérer la situation « avec amour », et offrir à ses ex-collaborateurs des « licenciements compassionnels », insistant sur le fait d’avoir proposé des indemnités correctes et même laissé ses salariés exprimer leurs « émotions » lors d’un all hands meeting (vous savez, ces réunions avec vraiment TOUS les employés). Bon, il en a également profité pour saluer la grande vague de licenciements que Musk avait orchestrée après le rachat de Twitter, estimant que l’entreprise avait besoin d’un changement radical de modèle… Et de plus d’amour, probablement ?


ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE

L’impact, ce n’est pas un concept. C’est un actif.

Investir « responsable », c’est souvent abstrait. Avec Enky Invest, c’est très concret : vous financez du mobilier haut de gamme déjà produit, déjà utilisé, loué à des entreprises, hôtels ou espaces de coworking.

Un investissement adossé à des actifs tangibles, qui génèrent des intérêts versés chaque mois, avec des rendements pouvant aller de 6,5 à 9 %, sur des durées de 12 à 72 mois. Ici, pas de promesse hors-sol : votre argent circule dans l’économie réelle, tout en visant du rendement.

Mieux : Enky offre 100 à 300 € de crédit aux abonnés Tech Trash pour démarrer (dès 500 € investis, sans frais d’entrée ni de gestion). Pour découvrir les projets disponibles et investir, ça se passe par ici.

⚠️ Comme toujours : investir comporte des risques, y compris la perte partielle ou totale du capital. N’investissez que ce que vous êtes prêts à perdre.



Allez, bisous !Allez, bisous !

Merci d'avoir perdu 5 min.

Retrouvez Tech Trash dans vos boîtes mail toutes les semaines (parfois le jeudi, parfois le vendredi) !

(On espère que vous êtes contents). ❤️‍🔥

Allez hop, on partage (sur LinkedIn) #ByebyeTwitter #BisousElon

Bonus : Quand scroller H24 devient une oeuvre d’art – La grande saga (et le méga flop) des NFT – 10 millions de likes pour des photos de Zendaya et Tom Holland… générées à l’IA Sundar Pichai vient de toucher un très gros chèque – Canal+ s’acoquine avec OpenAI – Le fishing via des bannières pro-ICE – Pendant ce temps, Zuck se fait huer à un match de MMA – La « pet wellness industry » cartonne – Et de faux influenceurs amish sont générés pour… vendre des compléments alimentaires – L’IA parasite la campagne des municipales – et nous propose des quiz pour mieux comprendre les programmes – Toujours mieux que les tweets de la Maison Blanche – La suite… la semaine prochaine !


Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘

Tech Trash

Par Tech Trash

Les derniers articles publiés