IA vs PDF = 0:1 – l'avènement du phonk – la gay tech mafia – votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le fabuleux (mais flippant) monde de la tech… C'est parti !
TOUT D’ABORD…
Salut tout le monde !
On espère que vous allez bien.
Pendant que ça continue de licencier ici et là, on espère que vous profitez bien de vos vacances. Et en attendant notre tour, voici quelques nouvelles pour ne pas complètement perdre espoir (pas sûr). Allez, c’est parti !
1/ Surprise surprise ! Rachida Dati n’est pas la seule à croire au grand « complot gay ». Dans l’Amérique de Trump, il est désormais normal pour un magazine sérieux comme Wired de titrer sur la « gay tech mafia » avec une illustration tout droit sortie des années 50. Prenant pour accroche le fait que plusieurs personnalités (très) influentes de la Silicon Valley sont gays (Peter Thiel, Sam Altman, Tim Cook…), la thèse de l’article est la suivante : une mafia homosexuelle tirerait les ficelles du secteur de la tech autour de réseaux parallèles, signant des deals entre deux saunas, trois pompes chez Barry’s Bootcamp, et quatre orgies, le tout pour mieux exclure les hétérosexuels opprimés ! Si certains n’ont pas hésité à souligner le délire de ce « raisonnement » et de ce genre de théories (peut-être galvanisées par les théories, tout aussi délirantes mais néanmoins très réelles, de l’affaire Epstein), la réalité, elle, est implacable : entre 2000 et 2022, seuls 0,5 % des financements pour start-up sont allés à des fondateurs LGBTQ+. Le reste allant, vous l’aurez deviné, dans la poche de nos très chers « Bros ». Qui ne seraient pas un peu en train de chouiner pour rien ?
2/ Alerte coup de vieux. Le mois dernier, le musicien qui a explosé tous les scores sur Youtube n'était ni Bad Bunny ni Taylor Swift mais… Slxughter, obscur producteur de… phonk. 981 millions de vues sur YouTube, soit six fois l’audience de Bad Bunny sur la même plateforme sur le mois de février 2026. Sorte d’EDM un peu dark, le phonk est devenu LA bande-son passive de toute une génération de doomscrollers. Car comme l’explique un article passionnant du New York Times, personne ne choisit activement de s’ambiancer sur du phonk, et pourtant tout le monde en écoute en arrière-plan sur YouTube, TikTok ou Instagram. Tirant ses origines du rap de Memphis des années 90 (dont les « légendes underground » ont toutes des noms farfelus comme Project Pat, Kingpin Skinny Pimp ou encore Juicy J et DJ Paul de Three 6 Mafia), le genre a ceci de pratique qu’il se marie aussi bien avec des montages de jeux vidéo que des vidéos de muscu, et qu’il arrive à créer des drops spécifiquement calibrés pour TikTok. Résultat : une armée de compositeurs (souvent des ados venant de Russie, d’Ukraine ou du Kazakhstan) créé des cartons planétaires depuis leur chambre et amassent les dollars sans que personne ne sache même qui ils sont. L’ukrainien Hensson a par exemple composé le tube Sahara (24 milliards de vues) tandis que le kazakh Eternxlkz cumulerait 109 milliards de streams (toutes plateformes confondues) sans daigner avoir de page Wikipédia ! Flairant le pactole, certains vieux briscards de l’industrie s’y sont mis à leur tour, à l’instar de l’américain Diplo (toujours dans les bons coups) avec son dernier projet en date, subtilement intitulé d00mscrvll, qu’il a lancé discretos l’année dernière (et dont le nouvel album de même nom est dispo depuis quelques jours).
3/ Encore une petite friction technique qui montre que l’AGI n’est peut-être pas pour demain ? Cette fois-ci, le grand défi de l’intelligence artificielle n’est ni la fusion nucléaire ni la conscience artificielle… mais le bon vieux PDF. Oui, ce format pas super sexy mais somme toute omniprésent, que vous téléchargiez une simple étiquette pour renvoyer votre dernier achat Vinted, un contrat de loc’ ou un formulaire d’impôts. Pourtant, il semblerait bien que même les IA les plus avancées n’arrivent pas à venir à bout de ce format à l’ancienne. Le problème ? Comme le raconte un article de The Verge, contrairement au HTML, un PDF ne contient pas du texte structuré logiquement, mais une sorte de plan de peinture : coordonnées, blocs, instructions d’affichage. Autrement dit, c’est une image savamment organisée, pas un document pensé pour les machines. L’exemple parfait ? Les millions de pages de documents liés à l’affaire Epstein publiés en PDF : impossibles à explorer proprement, mal indexés, et devenus un véritable casse-tête pour les IA comme pour les humains. Vous l’aurez compris : les IA résument au lieu d’extraire, confondent notes de bas de page et corps de texte, mélangent les colonnes, hallucinent sur des pages vides… Bref, c’est la cata ! Pourtant, une énorme partie du contenu « de qualité » (rapports gouvernementaux, articles scientifiques, manuels…) dort en PDF. Si des solutions apparaissent (des IA pour contrôler ce que d’autres IA lisent en PDF, histoire de s’assurer qu’elles ne fassent pas trop d’erreurs), il reste toujours les fameux 2% de cas absurdes : fax annotés à la main, documents juridiques barrés et réécrits, PDF contenant d’autres PDF… Comme l’explique The Verge : « comme pour les voitures autonomes, la vraie difficulté réside dans la longue traîne des situations improbables ». Après avoir gratté tout le web HTML, l’IA se heurte donc au format le plus rigide et stable du numérique. Et malgré le pronostic pas hyper enthousiaste de Dario Amodei, il semblerait que l’AGI doive attendre encore un peu (on l’espère en tout cas !).
L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE
Quand surveillance rime avec bienveillance ? Euh… Si vous travaillez chez Burger King, vous allez être ravis : le géant du fast-food s’apprête à glisser une IA directement dans l’oreillette de ses employés. Son petit nom : Patty (en référence au fameux steak haché). Son job : aider à doser le bacon et les cornichons dans les différents burgers, vérifier que la machine à milk-shakes fonctionne (c’est rarement le cas), et surtout analyser si les serveurs ont bien dit « bonjour », « s’il vous plaît » et « merci » aux clients. Un peu comme Siri, Cortana ou autres Alexa, Patty est la « voix » de l’assistant IA que l’enseigne américaine a prévu d’installer un peu partout dans ses innombrables franchises (18 800 dans le monde, dont une majorité en Amérique du Nord), pour faciliter le boulot des managers, qui n’auront bientôt plus besoin d’être sur le dos des employés, vu que l’IA leur fera à leur place !
Thibault Roux, Chief Digital Officer de l’enseigne, a beau nous expliquer qu’il ne s’agit de rien de plus que d’un « outil de coaching à destination des équipes » pour leur permettre de s’améliorer dans leurs tâches, on a quand même l’impression que derrière Patty se cache surtout un dispositif de surveillance pas vraiment jojo qui permettra de monitorer les faits et gestes de chaque salarié, à la seconde près. Avec comme projet, in fine, une automatisation complète des restaurants ? « Tous les clients ne sont pas encore prêts pour ça ! » affirme Titi. Ouf, nous voilà rassurés !
AU MOINS UN TRUC INTÉRESSANT
Vous en avez marre du froid et de la grisaille ambiante ? Le mardi 10 mars, rejoignez les équipes de Tech Trash et Climax au Point Éphémère (Paris Xe) pour une méga fiesta : le lancement du 10e numéro print de Climax !
Vous l’avez peut-être vu passer, ce 10e opus est consacré à la concentration des médias et à l’emprise des milliardaires sur l’information. Mais pas que : vous y retrouverez également plein de succulents articles sur (notamment) l’arnaque du matcha, de la truffe ou encore sur les animaux maires (true story).
Pour cette soirée du 10, on vous a concocté un programme aux petits oignons, avec une discussion avec Valentine Oberti de Mediapart, une plongée dans les coulisses de la création du mag et plein d’autres surprises, dont le grand retour de notre atelier spécial télécommande TV B-Gone… Infos et inscriptions par ici !
ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE
Pendant que les marchés jouent aux montagnes russes, il existe encore une option simple et concrète : investir dans des actifs réels, utilisés par de vraies entreprises.
Avec Enky invest, vous financez des projets de mobilier haut de gamme loués à des entreprises, hôtels, restaurants ou espaces de coworking. En contrepartie : des intérêts versés chaque mois et un rendement pouvant aller de 6,5 à 9 %, sur des durées de 3 à 48 mois. Des actifs tangibles, utiles, et décorrélés des marchés financiers.
Mieux : Enky offre 100 à 300 € de crédit aux abonnés Tech Trash pour démarrer (dès 500 € investis, sans frais d’entrée ni de gestion). Pour découvrir les projets disponibles et investir, ça se passe par ici.
⚠️ Comme toujours : investir comporte des risques, y compris la perte partielle ou totale du capital. N’investissez que ce que vous êtes prêts à perdre.
Allez, bisous !
Retrouvez Tech Trash dans vos boîtes mail tous les jeudis (et parfois le dimanche) !
(On espère que vous êtes contents). ❤️🔥
Allez hop, on partage (sur LinkedIn) #ByebyeTwitter #BisousElon
Bonus : Chez Uber, le boss a un clone IA – Niki Minaj est visiblement bien entourée par son armée de bots - Tandis que Bill Gates est dans la sauce avec ses maîtresses russes - Ça ressemble à quoi, d’être une fille de 15 ans en ligne ? À ça, et c’est un enfer - Alors, prêts pour votre peanut butter raise ? – Anthropic dans le viseur du Pentagone – Nouvelle école IA, mais version manga – La digital blackface est plus que jamais de retour – Pendant ce temps, Dario Amodei et Sam Altman refusent de se serrer la main – Et l’IA recommande des frappes nucléaires dans des simulations de guerre – Un wearable pour les prouts ? – La suite… la semaine prochaine !
Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘