Citrini apocalypse – Anthropic vs. OpenIA – le retour de Palmer Luckey – l'influenceuse du futur – votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le fabuleux (mais flippant) monde de la tech… Let's go !
TOUT D’ABORD…
Salut tout le monde !
On espère que vous allez bien.
Après les Epstein files et le fameux « Jmail », dites bonjour à Wiki Dati (à consommer sans modération). Il faut croire que certains s’amusent comme ils peuvent, pendant que d’autres ne savent plus trop quoi faire de leur argent. Ce qui n’est probablement pas votre cas – mais qui sait, peut-être qu’en lisant Tech Trash vous allez avoir des idées worth billions (ou pas !). En attendant, on vous propose une petite sélection d’infos bien croustis… C’est parti :
1/ Et paf ! Récemment propulsé seul homme de la tech encore doté de raison, le PDG d’Anthropic vient de sortir la sulfateuse. Rapide rappel des faits : depuis plusieurs mois, Dario Amodei s’est illustré comme un patron plutôt badass, le seul du secteur qui n’a pas fait allégeance à la Maison Blanche ni signé un gros chèque de soutien à Trump. Au contraire des « canards » que sont Zuck, Bezos, et autres Musk, Amodei a même accepté de perdre un contrat à 200 millions, en refusant que son IA Claude soit utilisée sans aucun garde-fou par l’armée américaine (ou pour de la surveillance de masse). Vous vous en doutez : le président américain n’a pas DU TOUT apprécié qu’on le contredise, et a, dans la seconde, qualifié Anthropic « radical left woke company » (bien sûr), lui préférant même l’entreprise chinoise DeepSeek. Qu’à cela ne tienne, la réponse de Dario ne s’est pas fait attendre : d’abord de façon plutôt policée sur CBS, puis sans langue de bois dans un mémo interne tout juste révélé par The Information, dans lequel il taille un joli costard aux « canards » précités qui ont soutenu Trump dans les grandes largeurs et même « chanté les louanges d’un dictateur » (quand même), visant explicitement la team dirigeante d’OpenAI, à savoir son président Greg Brockman (« super-donateur MAGA ») et son CEO Sam Altman (un ex-pote avec qui il collectionne désormais quelques fâcheux antécédents). Plus largement, Dario dénonce les « mensonges éhontés » de son principal concurrent qui a sauté à pieds joints sur la proposition gouvernementale (qu’Anthropic avait refusée) tout en se drapant dans un rôle d’« artisan de la paix », rien que ça. Cela dit, si tout le monde se jette aujourd’hui (à juste titre) dans une vaste campagne de boycott de ChatGPT intitulée #QuitGPT (dont Mark Ruffalo, Katy Perry, Rutger Bregman) pour protester, justement, contre la complicité d’OpenAI dans les nombreuses opérations militaires américaines, faut-il pour autant consacrer Dario comme le « good guy en chef » ? Comme le rappelle le Financial Times, les négociations entre Anthropic et le gouvernement américain ne sont pas au point mort : elles ont même bel et bien repris, à quoi s’ajoute un retournement de situation (de veste ?) de la part de Dario himself, qui s’est carrément excusé pour ce qu’il a dit dans le fameux mémo… De la raison, certes, mais du business malgré tout !
2/ Lucky boy. Moins sous les feux des projecteurs que Sam Altman ou Dario Amodei, la nouvelle coqueluche de l’armée américaine s’appelle Palmer Luckey, et son nom vous dit sûrement quelque chose ! Adepte de cosplay, de mulets et de chemises hawaiennes, Palmer est devenu milliardaire à 22 ans pour avoir réussi à refourguer son fameux casque de VR Oculus Rift à Mark Zuckerberg. Onze ans plus tard, Palmer emploie ses journées à fabriquer des drones tueurs dopés à l’IA avec son entreprise Anduril, qui s’inspire directement de Starship Troopers. Or, comme le raconte le New York Times, c’est lui, désormais, LE chouchou de Trump pour aller jouer à la guéguerre (vu que d’autres refusent, les manants !). Avec, comme conséquence, des contrats juteux à la pelle : en quelques mois, Anduril a signé pour 99 millions de dollars avec l’US Air Force, a remplacé Microsoft dans un projet de casque de VR destiné à l'armée de terre avant de signer un contrat de 642 millions de dollars avec le Corps des Marines. Le passionnant article du NYT révèle également qu’il existerait un boys club appelé « B-boys club » (vous avez compris, destiné aux fondateurs d'entreprises billionaires – valant plus d’un milliard de dollars), et qu’au sein de ce groupe, Luckey mentionnerait volontiers l’arrivée imminente d’une guerre entre les États-Unis et la Chine, alimentée par… ses armes autonomes. Et si, en bon geek fantasque, Palmer a l’habitude des dérapages à la Musk et des piques à l’égard d’un gouvernement qui « dépense trop », force est de constater qu’il est aujourd’hui un acteur majeur des conflits à venir et de la militarisation de la tech, comme il le dit lui-même : «The United States should not be the world police. We should be the world gun store ». Tout un programme !
3/ Dernier signe que la guerre nous amène désormais en territoire inconnu : pour faire la promo de ses opérations militaires, l’armée américaine, apparemment jamais à court de bonnes idées, a dégainé une nouvelle influenceuse IA, la douce et subtile Jessica Foster. En à peine 4 mois, Jess affiche près d’un million de followers avec une recette simple : de gros avions, des gros bras (derrière elle) et des gros nichons, sans oublier une petite sauce samouraï dédiée aux fétichistes de pieds. Le pire dans tout ça, c’est évidemment que les mises en scène de Jessica cartonnent. Et on en vient à se dire qu’après tout, c’est toujours moins pire qu’une vidéo de propagande de guerre sur… fond de Macarena (si si).
AU MOINS UN TRUC INTÉRESSANT (part 1)
La « destruction non-créatrice », ça vous parle ? C’est avec ce twist schumpétérien que le cabinet de conseil Citrini a créé un buzz sans précédent chez les économistes et un vrai coup de panique à Wall Street. À la base, c’était surtout un joli coup de pub : il y a quelques jours, le fondateur de Citrini Research James van Geelen publie une note de fiction économique rédigée comme si nous étions en 2028. Jusque-là rien d’exceptionnel : ce n’est pas la première fois que des consultants ou autres prospectivistes s’imaginent l’économie à 5, 10 ou 20 ans, à grand renfort de robotisation généralisée et de puces dans le cerveau (n’est ce pas, Laurent Alexandre ?). Sauf que le scénario de van Geelen a fait flipper tout le monde, vu qu’il met en scène une boucle de rétroaction dans laquelle, à force de remplacer les cols blancs par des agents IA toujours plus compétents, les entreprises finissent par faire plonger les revenus, casser la consommation, fragiliser l’immobilier, le crédit privé, l’assurance-vie en mettant, in fine, l’économie tout entière dans une sacrée panade.
Un (faux) scénario qui a suffi à alimenter une (vraie) panique boursière : d’après le Wall Street Journal, le Dow Jones a perdu plus de 800 points, pendant que des boîtes comme IBM, Datadog, CrowdStrike, American Express, Blackstone ou encore DoorDash ont sué à grosses gouttes. Mais vous l’aurez compris : le plus intéressant là-dedans, ce n’est pas de savoir si le scénario de Citrini est crédible (il ne l’est pas), mais le fait qu’il ait trouvé un écho immédiat chez des investisseurs déjà à cran. Et, si on tire le fil un peu plus loin, de comprendre que la problématique principale n’est peut-être pas tant la possibilité de « grand remplacement » d’employés humains par de l’IA, mais la capacité de l’économie du numérique à « concentrer le capital et à se jouer de la régulation ». Comme nous l’explique Gilles Babinet (et pour une fois, c’est loin d’être une bullshit-quote) : « le risque n’est pas la disparition des emplois, mais la rente du monopole ». CQFD.
AU MOINS UN TRUC INTÉRESSANT (part 2)
Ce mardi 10 mars, rejoignez les équipes de Tech Trash et Climax au Point Éphémère (Paris Xe) pour fêter la sortie du nouveau Climax ! Vous l’avez peut-être vu passer : ce 10e opus est consacré à la concentration des médias et à l’emprise des milliardaires sur l’information. Et pour cette soirée, on vous a concocté une prog’ plus que sympa, avec la présence de Valentine Oberti de Mediapart, une plongée dans les coulisses de la création du mag et plein d’autres surprises, dont le grand retour de notre « atelier télécommande » TV B-Gone… Infos et inscriptions par ici !
ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE
Cette semaine, on profite du fait de ne pas avoir de pub pour vous proposer de faire la vôtre chez nous !
En plus de faire votre promo et de toucher des dizaines de milliers de lecteurs toujours très intéressés par ce qu’on leur raconte, vous soutenez un média 100% indépendant (et ça, c’est quand même pas mal).
Donc voilà, si vous aussi, vous voulez annoncer dans Tech Trash, rien de plus simple : écrivez-nous à hello@techtrash.fr et on vous enverra notre jolie plaquette ✨
On attend de vos nouvelles ! Allez, bisous.
Allez, bisous !
Retrouvez Tech Trash dans vos boîtes mail toutes les semaines (parfois le jeudi, parfois le vendredi) !
(On espère que vous êtes contents). ❤️🔥
Allez hop, on partage (sur LinkedIn) #ByebyeTwitter #BisousElon
Bonus : Dites bonjour au Jolla Phone – La fin du streaming musical, vraiment ? – L’homme en charge du contre-terrorisme aux US est un stagiaire de 22 ans – Le prof qui forçait ses étudiants à regarder ses vidéos – Pendant que la police de Dubaï menace de prison tous ceux qui publient des infos contredisant les autorités – Trump a aidé des influenceurs MAGA à quitter la région en jet – Meta a quand même vendu pour 7 millions de Ray Ban – Pendant que ses modérateurs regardent vos vidéos (et voient des choses pas super recommandables) – Alerte cringe : les comptes fétichistes de femmes handicapées sur Insta – Si vous êtes influenceurs, le parti républicain vous paiera 36 000 dollars, et les démocrates… 2000 – Un glitch à 72 millions – En Colombie, un avatar IA en mode… avatar – Les prêtres aussi utilisent ChatGPT – Pendant ce temps, un nouveau (énième ?) rapport sur l’impact de l’IA sur l’emploi, cette fois-ci signé Anthropic – Et pour finir, n’oubliez pas de venir à la fiesta du mois (inscriptions par ici) – La suite… la semaine prochaine !
Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘