TOUT D’ABORD…
Le mot de l’année, le pire de l’année et le wrap de l’année
Pour conclure 2023 en beauté, voici trois infos à déguster juste avant le dîner de Noël, à la cool :
Et le mot de l’année est… « Hallucinate » ! Comme tous les ans, Dictionary.com élit son « word of the year ». Pour 2023, l’IA est à l’honneur avec ses fameuses « hallucinations » (rappelez-vous, on vous en avait déjà parlé). En gros, il s’agit de ces moments où l’Intelligence Artificielle pète un plomb, se mettant à « produire de fausses informations contraires à l'intention de l'utilisateur » en les présentant « comme si elles étaient vraies et factuelles ». De la fake news made in AI, pas volontairement, mais… justement. Parce qu’il arrive aussi à la machine d’halluciner.
Le MIT Tech Review nous a concocté un savoureux « worst of » de l’année. Au sommaire : la catastrophe du Titan, les déboires de la viande artificielle et les scandales successifs autour des robots-taxis (un peu comme ici) de chez Cruise, en circulation en Californie. Comme l’affirme l’entreprise : « contrairement aux humains, les robots-taxis ne se fatiguent pas, ne boivent pas d’alcool et ne sont pas distraits. » Pas faux, mais malheureusement, ça ne règle pas tous les problèmes…
C’est la fête aux données personnelles et… tout le monde s’en fout ! C’est ce que laisse à penser l’énorme succès du Spotify Wrapped 2023. Cette année, bon nombre d’autres applis ont repris le concept (Bolt, SNCF, YouTube, Nintendo…). Pourtant ce n’est pas la première fois qu’on en parle et ça montre juste combien de données certaines entreprises possèdent sur nous. D’ailleurs, on remarquera que Netflix ne l’a pas fait (après un bad buzz datant d’il y a quelques années).
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LA BONNE NOUVELLE DE LA SEMAINE
Un Noël sans smartphone ?
Dans le mythe de Theuth, Platon relate un dialogue entre le roi Thamous et Theuth, un dieu égyptien. Ce dernier est le premier à concevoir la science des nombres et à développer une autre invention formidable… l'écriture. Selon Theuth, elle permettra à ses contemporains de « faciliter l'art de se souvenir » tout en « soulageant la mémoire ». Pour Thamous, c’est l’exact inverse qui se produira : « parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d’eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir. ». 24 siècles plus tard, le New York Times publie une photo faisant écho aux écrits du philosophe grec. On y aperçoit, au fond et en petit, la Joconde de Léonard de Vinci, derrière un parterre de visiteurs scrutant l’œuvre à travers l’écran de leur smartphone plutôt qu’en « vrai ». Comme l’explique le NYT : « le fait de prendre la photo, plutôt que de regarder le tableau, est devenu l’expérience principale ».
Il semblerait que notre habitude de prendre en photo tout et n’importe quoi provienne de notre appétence naturelle à tout vouloir documenter – et accessoirement d’effacer la peur que nous avons d’oublier. Ce n’est d’ailleurs pas le cas seulement pour les expériences visuelles mais également pour tout type d’expérience sensorielle comme les concerts ou dîners dans des restaurants étoilés (plutôt que d’essayer de se remémorer une saveur, nous scrollons désormais dans notre smartphone pour « regarder » les plats que nous avons dégustés) . Seulement, et vous vous en doutez : tout ça n’est pas sans conséquence pour notre mémoire. À trop les prendre en photo, on finit par ne plus se rappeler des moments – d’autant plus qu’on les a vécus à moitié (lorsque nous assistons à un évènement, nous passons en moyenne 40% du temps à prendre des photos). Voir, carrément, à modifier nos souvenirs et altérer notre mémoire.
Ce n’est pas tout : une étude publiée en 2017 a étudié en profondeur l'impact subtil mais significatif des smartphones sur nos interactions sociales. Même lorsqu'ils ne sont pas utilisés activement, la simple présence de ces appareils diminue la qualité de nos conversations. Une journaliste de Wired vient justement d’en faire les frais, et nous raconte ses déboires familiaux, entre le fait de vouloir constamment être connectée et celui de passer du « quality time » avec sa fille. Elle explique ça comme « une contradiction entre le fait d'être physiquement présente et celui d'être mentalement dispersée ». Sommée par sa fille de ranger son smartphone dans son sac, elle a néanmoins réussi à « convenir » de trois règles plutôt saines pour chaque sortie à deux : 1/ pas plus de 10 photos ou consultations du smartphone par jour et par sortie ; 2/ pas de publication sur les réseaux sans l’accord express des 2 parties ; et 3/ une sortie par semaine sans aucune « technologie ». Pas mal, non ?
Et vous ? Arriverez-vous à garder votre smartphone dans la poche pour les fêtes ? Allez, un petit effort !
LA BULLSHIT-QUOTE DU JOUR
« La "meaningful attention" est celle qui fait sens pour les contenus de vos marques. »
Chief Strategy Officer du planning strat’ d’Havas, Sebastien Emeriau n’est jamais avare en punchlines gratinées. Dans une succulente tribune parue dans Stratégies, le pubard se fait un malin plaisir à décliner le fameux concept du « meaningful » (qu’Havas nous sort à toutes sauces depuis quelque temps, avec notamment les « meaningful brands » qui donnent « la fierté de consommer », eh oui). Après « le Meaningful Rating Point, pour la video, mais aussi la MDM, Meaningful Digital Matrix pour le digital » et plus largement les « contenus meaningful », Seb et ses équipes se concentrent désormais sur LE sujet sensible du moment : notre attention ! L’idée étant de comptabiliser quand et comment cette dernière a vraiment du meaning : « la "meaningful attention" est celle qui fait sens pour les contenus de vos marques. Elle se caractérise par quatre critères fondamentaux : la qualité du contact publicitaire, la positivité, la responsabilité, et le plaisir, car c’est le premier moteur de notre cerveau. ». Boom !
En plus d’être un « stratège à la petite semaine » comme il se définit lui-même, Sebastien est quelqu’un de très meaningful (comment pourrions-nous encore en douter), notamment quand il lâche une métaphore filée sur l’écosytème média : « Comme une forêt en pleine croissance, l’écosystème s’enrichit chaque mois de nouveaux points de contacts et de nouveaux medias qui se font une place dans la jungle en essayant de capter la lumière, l’eau et les nutriments de la publicité. ». Et au cas où vous n’auriez pas bien compris ce charabia, n’hésitez pas à le solliciter : « si vous avez une tough question à laquelle répondre, on est là ! » CQFD.
ALLEZ, BISOUS ❤️🔥
Bon alors, vous la trouvez comment, cette reprise de Tech Trash ? C’est vrai : ça fait pas bien longtemps qu’on s’est relancé avec ce nouveau format et on est encore en train de prendre nos marques. Mais apparemment, ça vous plaît (c’est ce que vous nous écrivez en tout cas, et ça fait plaisir !).
Pour l’année qui vient, on a prévu pas mal de petites surprises (bon, on dit ça à chaque fois – mais cette fois-ci c’est vrai). D’ici là, on vous souhaite de passer de bonnes vacances et de couper au max (on va aussi essayer de notre côté). On se retrouve la 2e semaine de janvier (si tout se passe bien). Une belle année 2024 pleine de bullshit et d’innovations absurdes nous attend – autant vous dire qu'on a très hâte de remettre ça !
D’ici là, bonnes fêtes à toutes et tous, on vous embrasse 😘
La team Tech Trash
Allez, bisous !
Merci d'avoir perdu 5mn.
Tech Trash revient après les vacances (guettez vos boîtes mail).
Allez hop on partage (sur LinkedIn) #ByebyeTwitter #BisousElon
Bonus : 2023 wrapped par le NYT - Test : pouvez-vous battre Google au jeu de l’IA ? - Sale temps pour les trottinettes - Lol, jaja, krkrkrkr ou wkwkwk, comment rit-on en ligne ? - Musk chez les fachos - Dites bonjour aux robots qui papotent - Les 6 questions qui vont construire l’IA de demain - Bye bye l’hyperloop ! - La suite… l’année prochaine !
Nota Bene : vous avez peut-être remarqué que nous avons changé de plateforme d’envoi (big up à Kessel Media). Si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désincrit·e il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas un instant : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘
