TOUT D’ABORD…
Salut tout le monde !
Pendant que certains se demandent si nous sommes au bord d'un simple krach… ou de la plus grosse « double-bulle » de l'histoire des marchés, d'autres préparent déjà l'avenir : des robots qui rangent votre cuisine, des drones qui remplacent les feux d'artifice et des start-ups qui transforment la solitude en une formidable opportunité business. Bref, tout va très bien (si si). En attendant la suite, voici les news de la semaine. Allez, c'est parti !
1/ Vous connaissez le « function creep » ? Le principe est simple : une technologie est déployée pour répondre à une situation exceptionnelle, puis finit par être utilisée dans des contextes toujours plus nombreux… Dans un article académique de 2021, le juriste Bert-Jaap Koops explique que ce phénomène touche particulièrement les technologies de surveillance : une fois installées, elles changent de fonction bien plus facilement qu'elles ne disparaissent… Et qui dit surveillance, dit (bien sûr) Coupe du monde 2026 ! On vous en parlait déjà il y a quelques semaines : plus d'un milliard de dollars ont été investis dans des drones, chiens-robots, caméras à reconnaissance faciale et autres systèmes de surveillance dopés à l'IA. La vraie question, désormais, c’est de savoir ce qu'il adviendra de toutes ces technologies une fois les supporters rentrés chez eux ? À Seattle, un vaste réseau de vidéosurveillance, auparavant suspendu pour des raisons de protection de la vie privée, a été réactivé et étendu à l'occasion de la compétition (bon, la bonne nouvelle c’est que le maire veut s’en débarrasser). À Kansas City, la municipalité souhaitait installer des caméras à reconnaissance faciale dans les bus pendant la Coupe du monde. Le projet a pris du retard, mais sera finalement déployé… après la compétition ! De quoi donner une définition très concrète du « function creep »… Heureusement, la compétition nous offre aussi des nouvelles un peu plus légères : Tinder annonce une hausse de 47% de son activité durant le tournoi, mais certains hommes utiliseraient surtout les apps de rencontre pour éviter de s'acquitter d’une onéreuse nuit d’hôtel… Vraiment ? Oui, vraiment.
2/ Vous croyez que le « rêve chinois » consiste toujours à bâtir des villes de plus en plus futuristes et à envoyer des fusées sur la Lune ? Raté. Pour une partie de la Gen Z chinoise, le véritable fantasme est... de retourner en 2008. Sur les réseaux sociaux, un étrange courant baptisé « Chinese Dreamcore » accumule les millions de vues avec des vidéos recréant les années 2000 : cybercafés, tours aux vitres bleutées, sonnerie de QQ (le MSN chinois), coupons KFC distribués avec le journal, premiers ordinateurs familiaux ou encore les JO de Pékin (2008, toujours). Les vidéos commencent souvent par la même phrase : « You wake up to the sound of your mother's voice. It's a normal weekend in 2008 ». À première vue, rien de très nouveau : la nostalgie est partout. Sauf qu'ici, ce ne sont pas des quadragénaires, mais de (très) jeunes adultes qui idéalisent déjà, la larme à l'œil, une enfance qu’ils viennent à peine de quitter. Le New York Times y voit la désillusion d'une génération confrontée à un marché du travail sinistré, à des salaires en baisse et à une compétition devenue étouffante. Une étude publiée en mai dernier aboutit à une conclusion similaire : les périodes d'incertitude ou de menace déclenchent naturellement un sentiment de nostalgie, qui agit comme un véritable « digital pain reliever ». Le média Wired imaginait dès 2017 que les prochaines vagues de nostalgie ne porteraient plus sur les œuvres elles-mêmes, mais sur les technologies les rendant possibles. Si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces jeunes regrettent surtout une époque où tout semblait encore possible : où Internet ressemblait encore à une aventure, où Elon Musk était fauché et où le progrès semblait vraiment faire progresser la société. Avec le Chinese Dreamcore, la jeunesse chinoise n’est sans doute pas tant nostalgique de 2008 que d'une époque qui rêvait (encore) du futur. Bon, on s’y remet ?
3/ Ceux qui ont arpenté les couloirs de VivaTech et du CES pendant les 10 dernières années ont entendu le même refrain en boucle : les robots arrivent ! Bon, ils arrivent surtout (et quasi uniquement) sur les salons (où l’on a retrouvé tous les ans NAO, Pepper, Romeo, et quelques autres), et bien sûr dans quelques vidéos désormais cultes de Boston Dynamics. Pas vraiment dans nos maisons. Trop chers, trop lents, trop maladroits, ils ont longtemps été plus proches de bêtes de foire que des assistants promis par la SF depuis 30 ans. Sauf qu'une petite musique commence à se faire entendre dans toute la Silicon Valley (et constitue le sujet d'un passionnant article du New Yorker) : cette fois, les robots arrivent vraiment (pas comme en 2020, donc). Jamais avare en annonces grandiloquentes infirmées par la suite, Elon Musk l’a déjà expliqué à plusieurs reprises : le robot sera « le plus grand produit de tous les temps ». Et il n'est plus le seul à y croire : Tesla, Figure, 1X, Apptronik, Unitree, encore et toujours Boston Dynamics... une douzaine d’entreprises prévoient de commercialiser leurs robots humanoïdes ces prochains mois. L’un des arguments phares des entreprises en question : les avancées de l’IA générative permettent à la robotique de faire un bond dans « l’IA physique ». Désolé de vous décevoir : malgré les avancées technologiques en question (qu’on peut notamment constater chez les véhicules autonomes), les robots ne sont pas encore (du tout) au niveau et devront, pour l’instant, continuer à être discrètement pilotés à distance par des humains (comme des « Turques mécaniques » du XXIᵉ siècle) – ce qui n’a pas l’air de déranger les early adopters prêts à débourser la coquette somme de 20 000 dollars (une broutille) pour précommander le robot Neo (1X), qui aurait déjà convaincu 10 000 personnes. « C'est un peu le nouvel iPhone » explique l’un des premiers acquéreurs. Mouais. Bonne nouvelle cependant : selon Wired, Neo est désormais capable de saisir un verre à pied, fermer une fermeture éclair ou plier du linge grâce à une main dotée de « 25 degrés de liberté », presque autant qu'une main humaine (27). C’est déjà ça !
L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE
Les spectacles de drones religieux
Youpi, c'est bientôt le 14 juillet : on va pouvoir se régaler avec des feux d'artifice... euh, des spectacles de drones lumineux ! Et avec les canicules à répétition, les risques d'incendie et les restrictions préfectorales, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : de plus en plus de communes abandonnent les fusées au profit de centaines de petits quadricoptères parfaitement synchronisés (eh oui). Plus silencieux, moins polluants et moins inflammables : difficile de leur donner tort, non ?
Bon, le problème, c'est que cette technologie est en train de partir légèrement en vrille… Comme le raconte Wired, le monde entier est pris d'une véritable fièvre du drone-show : tandis que de nombreuses bourgades américaines rivalisent de dragons géants, de pandas, de logos d'entreprises et de pubs flottantes, une église texane a battu cinq records Guinness avec un spectacle de 66 123 drones retraçant… la vie du Christ (dans le cadre d’un évènement subtilement intitulé « Jesus Jesus Jesus »). De son côté, le Vatican a fait apparaître un bébé Jésus géant dans le ciel de Rome – un show produit par Kimbal Musk en personne (le frangin d’Elon), qui explique en toute tranquillité que ses spectacles sont « comme une connexion directe à votre centre spirituel ». Un concept qu’on appelle le « sky storytelling » et que Kimbal nous ressert désormais à toutes les sauces… Bon, après avoir remplacé les feux d'artifice, les drones semblent désormais destinés à remplacer... les miracles.
ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE
En 40 ans, la France a connu 17 000 catastrophes naturelles, pour un coût total de 25 milliards d’euros.
Si l’indemnisation reste possible dans ces conditions, c’est grâce à un dispositif qui date de 1982, après la crue historique de la Seine. Ce dispositif, c’est le « régime Cat Nat » qui permet de mutualiser les risques à l’échelle du pays.
Avec les risques climatiques qui se multiplient, il est temps de s’intéresser à comment votre logement est assuré en cas d’inondation, tempête ou sécheresse.
Pour comprendre pourquoi cela vous concerne directement, courez voir cette super vidéo pédagogique d’Allianz !
Allez, bisous !
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(Et une bonne fin de semaine à tous). ❤️🔥
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Bonus : Lever des fonds, c’est possible, si vous êtes au bureau 6 jours sur 7 minimum – Pour la Gen Z, une cuite c’est romantique – en attendant, elle galère à payer un appart (et on la comprend !) – Gilou en mode clash – Manu va-t-il aller bosser avec Xav ? – Même aux US, on réfléchit à comment taxer les milliardaires – La lecture c’est finito, vraiment ? – On vous déconseille de poster des gifs de Game of Thrones – Attention si vous roulez avec votre téléphone posé sur les genoux – LinkedIn est le nouveau Hinge ? – Vous voulez devenir un meilleur sportif ? Sniffez du chocolat ! – N’en déplaise à certains, l’IA est encore trop chère pour nous remplacer – Et pour finir, une réflexion à méditer – La suite… tout bientôt !
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