La surveillance émotionnelle – le smartphone chrétien – Zuck et la « AI powered biology » – votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le flippant (mais fabuleux) monde de la tech… Let's go !
TOUT D’ABORD…
Salut tout le monde !
Le procès Sam versus Elon nous aura au moins appris une chose : l’IA est officiellement moins régulée que les sandwiches. Bonne nouvelle, cependant : le procès et les insultes en cours n’empêchent pas Anthropic de signer un deal avec SpaceX. Vous voyez bien, tout est bien qui finit bien (du moment que le business continue à tourner). Et tant que vous ne vous appelez pas Claude, ça devrait bien se passer… Allez, c’est parti !
1/ Vous connaissiez les caméras de surveillance et la surveillance algorithmique, dites coucou au petit dernier en date : « l’emotional surveillance ». Le concept : ausculter, grâce à l’IA, les émotions humaines et utiliser le tout pour traquer l’engagement des employés. Après les contrôleurs de souris et de clavier (pour les chanceux de Meta), ou les « mouchards à merci » (comme chez Burger King), les « IA émotionnelles » pourront désormais monitorer nos humeurs et en tirer des conclusions sur notre degré d’investissement au travail. Et elles viennent directement à l’assaut des cols blancs : avec Slack Aware, qui évalue le « sentiment et la toxicité » des messages, ou encore l’extension Zoom de MorphCast qui suit en temps réel l’attention et l'enthousiasme des participants à une réunion ou à un entretien d’embauche (avec ce genre de pitch de l’enfer). Sauf qu’on le sait bien : l’analyse de l’humeur relève juste du n’importe quoi, comme le démontre bien The Atlantic, et les biais sont partout. En 2018, la chercheuse Lauren Rhue montrait déjà qu’une IA « émotionnelle » analysant des photos de joueurs NBA jugeait les joueurs noirs plus en colère que les joueurs blancs, y compris lorsqu’ils souriaient. Bref, nous voilà embarqués dans une nouvelle ère où les employés ne seront pas simplement incités à travailler plus, mais à avoir l’air gais et disponibles (et idéalement, blancs).
2/ C’est officiel : plus personne ne se parle. Ou plus précisément : notre volume de parole a diminué de 28% en moins de 15 ans, dixit une récente étude décortiquée dans ce super article du Wall Street Journal. Car oui, des scientifiques se sont vraiment amusés à compter le nombre exact de mots que nous prononçons quotidiennement… Et leur verdict est rude : au total, nous prononçons 338 mots en moins chaque jour. Soit environ 120 000 mots par an qui s’évaporent, en silence. Et le phénomène commence tôt : il semblerait également que les mères ne parlent plus autant à leurs bébés, principalement à cause de leur usage du téléphone (l’étude, étrangement, ne s’est pas portée sur les pères). Bref, vous l’aurez compris, le coupable semble tout trouvé : un usage accru des réseaux qui nous enfermerait dans un techno-cocon hermétique ! Sauf que l’histoire est (quand même) un peu plus subtile. Ce que l’étude américaine nous montre, c’est que le recul de la parole touche toutes les générations, y compris les plus âgées. Il ne s’agit donc pas que d’une histoire de TikTok, d’AirPods et de Gen Z décomplexée : le recul d’instances sociales comme la famille ou les bistrots, la précarité, et plus largement « l’épidémie de solitude » actuelle (qui, pour rappel, représente un danger de santé équivalent à fumer 15 cigarettes par jour)… Tout ceci contribue à l’effritement d’un vaste écosystème de la tchatche, et donc à la diminution de la parole… Jusqu’à l’avènement d’une société du silence ?
3/ Pendant que certains dissertent sur l’avenir de nos jobs et tentent d’appliquer le paradoxe de Jevons à l’impact de l’IA sur le travail (coucou Dario), d’autres, plus pragmatiques, promettent tranquillement de vouloir simuler la biologie humaine grâce à l’IA, soit ce qu'on appelle désormais « AI powered biology ». En effet, Mark Zuckerberg et Priscilla Chan ont annoncé investir 500 millions de dollars dans le Chan Zuckerberg Biohub, un projet censé « guérir et prévenir toutes les maladies » grâce à des modèles d’intelligence artificielle capables de comprendre le fonctionnement du corps humain à l’échelle cellulaire. Sur le papier, l’idée est évidemment fascinante : créer des modèles prédictifs capables d’aider les chercheurs à comprendre les maladies, accélérer les découvertes médicales, voire révolutionner la médecine moderne. Sauf que l’IA appliquée à la biologie, ça peut nous rappeler quelques mauvais souvenirs (Laurent Alexandre en a fait ses choux gras pendant une dizaine d'années). Ensuite, et probablement plus cocasse : on vient d’apprendre que Meta n’aurait payé qu’environ 3,5% d’impôts fédéraux en 2025 malgré… 79 milliards de dollars de profits. Soit un manque à gagner estimé à 13,7 milliards de dollars pour l’État américain. Nous sommes donc à nouveau face à des milliardaires qui débordent de solutions miracles pour « sauver l’humanité » (voire carrément aspirer à la vie éternelle), tout ça grâce à des fondations financées avec une infime partie de l’immense fortune qu’ils ont justement réussi à soustraire au financement des hôpitaux, de la recherche publique ou des programmes sociaux… Le reste leur servant à se faire plaisir (et comme on n’est jamais assez riche, on coupe des financements et on déménage là où la fiscalité est encore plus douce). Évidemment, Zuck et son épouse ne sont pas les seuls dans ce cas (coucou Jeff), mais comme l’a dit Zohran : ça ne va pas durer (et les entrepreneurs non-milliardaires sont plutôt contents, en fait).
L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE
Pendant que certains rêvent encore d’un internet décentralisé et émancipateur, une entreprise américaine a décidé de lancer… un forfait mobile chrétien anti-porno et anti-LGBT. Baptisé Radiant Mobile, ce nouvel opérateur promet un environnement « centré sur Jésus », débarrassé du porno, des contenus trans et de tout ce qui pourrait troubler la pureté numérique de ses abonnés… Le principe est assez simple : contrairement aux contrôles parentaux classiques qu’on peut désactiver en deux clics, ici, le filtrage se fait directement au niveau du réseau, si bien que même les adultes ne peuvent pas contourner certains blocages ! En plus de vous proposer de succulents extraits de la Bible ou des podcasts remplis de sermons d’apôtres, Radiant Mobile va donc filtrer les sites existants dans des catégories (« porno », « violence », « sectes », « sexualité », etc.) afin de bloquer certains contenus, ce qui peut nous amener à des situations ubuesques comme celle du site principal de l’université Yale qui reste autorisé… mais pas sa section LGBTQ+ (considérée comme du contenu « sexuel »)… Mouais.
Heureusement, de notre côté de l’Atlantique, la résistance s’organise : des ados anglais arrivent déjà à contourner les nouveaux systèmes de vérification d’âge… en utilisant des images extraites de jeux vidéo, ou en se dessinant de fausses moustaches au crayon à sourcils pour tromper les IA de reconnaissance faciale, quand ce ne sont pas leurs parents qui leur prêtent leurs cartes d’identité ! C’est bon : la relève est assurée.
ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE
On imagine souvent que l’investissement, c’est une affaire de flair. Le bon instinct, le bon pari au bon moment. Sauf que chez certains acteurs… ce n’est pas comme ça que ça marche.
Chez IRIVEST IM, une partie de la stratégie repose sur ce qu’on appelle le Momentum. L’idée est simple (sur le papier) : plutôt que de chercher des actions « pas chères », leurs modèles passent en revue des centaines d’entreprises pour identifier celles dont le momentum est le plus fort. Identifier des tendances selon des modèles quantitatifs… pour s’y positionner au bon moment.
Et ça donne des portefeuilles exposés en priorité aux valeurs les plus dynamiques, pour tenter de surperformer les grands indices sur la durée. Ces stratégies peuvent ne pas être favorables dans tous les contextes de marché. Ce n’est pas que du marketing : à titre d’exemple, sur l’année 2025, leur fonds Chahine Funds Equity Europe Acc a progressé de +24,4%, contre +19,4% pour son indice de référence (MSCI Europe NR).
Historiquement, ce type d’approche était réservé aux institutionnels. Mais aujourd’hui, IRIVEST IM la rend accessible aux particuliers, grâce à un parcours simple et 100% digital (notamment via Swissquote ou votre propre compte-titres – oui, vous pouvez en avoir plusieurs).
Allez hop, ça se passe ici pour découvrir l’offre IRIVEST IM (et les documents d’information à consulter avant toute décision d’investissement).
⚠️ Communication publicitaire. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement présente un risque de perte en capital. Prospectus et Document d’Information Clé disponibles sur le site internet d’IRIVEST IM, société régulée par la CSSF (Luxembourg).
Allez, bisous !
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Bonus : Vous le savez déjà : plus on utilise l’IA, plus on déteste l’IA – Le « Lying flat », la nouvelle révolte des travailleurs chinois – Instagram a banni des contenus lesbiens – Un tiers des nouveaux sites est généré par IA – Les alertes du pape sur l’IA étaient… générées par IA – La nouvelle tendance : marcher avec son ordi légèrement ouvert pour laisser ses agents IA tourner – Le tiret ChatGPT a été multiplié par 6 sur Substack – « Il est temps de détruire de l’emploi » : Oussama is back – Yaël Braun-Pivet et sa fausse couv de Closer – Selon le directeur du FBI, si les gamins se tirent moins dessus à l’école, c’est grâce à l’IA – De là à arriver à la sortir des écoles ? – Un violoniste canadien accusé (à tort) par l’IA d’être un délinquant sexuel – Bientôt un « McKinsey de l’IA » ? – Pendant ce temps, Tinder va demander une « preuve d’humanité » pour les futurs inscrits – Il nous manque, l’ordinateur familial de notre enfance… – La suite… la semaine prochaine !
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