Salut tout le monde !
On espère que vous abordez cette fin de semaine avec enthousiasme : Apple dévoile un nouveau MacBook Pro à près de 15 000 dollars (aux côtés du fameux iPhone pliable, pas donné non plus), Instagram teste les vidéos de 90 minutes et le docu de l’année débarquera dans les salles françaises dans quelques semaines. Il paraît qu’il en dit long sur ce qu’est vraiment la Silicon Valley (on a hâte). Et si jamais vous n’avez pas le moral, pensez à Zuck : son entreprise vient d’écoper d’une amende de 25 milliards de dollars (soit à peu près l’équivalent d’un trimestre de bénéfices), mais lui garde le sourire. Sur ce, bon week-end d’Halloween à tous (et pour une fois, soyez flippants) ! 🎃
1/ 50 shades of grey. Et non, on ne parle pas des fantasmes de Sam Altman, mais bien de data centers. Contre toute attente, les fabricants de peinture sont en train de devenir les grands gagnants de la révolution de l’IA. C'est ce que raconte le New York Times dans un article passionnant consacré à PPG, géant américain de la peinture industrielle, qui prévoit de tripler ses ventes de revêtements destinés aux data centers en 2026. Car pour faire tourner leurs gigantesques infrastructures, Microsoft, Google et Amazon ont besoin de serveurs, de puces électroniques, d'électricité… mais aussi de beaucoup, beaucoup de peinture. Et pas (seulement) pour faire joli : ces revêtements ultra-techniques servent à protéger les bâtiments contre les incendies, la rouille et l'électricité statique. Certains sont même assez dingues : exposée aux flammes, une peinture développée par PPG peut gonfler jusqu'à dix fois son épaisseur, formant une croûte isolante qui protège les structures métalliques (un peu comme « un marshmallow grillé »). Et tout ça représente un sacré business : la facture de peinture d'un seul data center peut atteindre 3 à 8 millions de dollars ! Et, vous l’aurez remarqué, la plupart de ces peintures sont grises : gris clair, gris moyen, gris foncé, les géants de la tech repeignent littéralement du béton gris et de l'acier gris avec encore plus de gris. D’ailleurs, pourquoi se fatiguer à embellir ces infrastructures – à part quand c’est nécessaire, bien sûr ? Mais la peinture n'est que la partie émergée de l'iceberg : l'essor de l'IA fait aussi exploser la demande de gravier, de câbles électriques et de ciment. Bref, pendant que tout le monde cherche à savoir si la bulle de l'IA va exploser, d’autres privilégient le pragmatisme : vendre des pots de peinture grise à ceux qui construisent le futur. Comme quoi, même à l'ère de l'IA, le bon vieux business des pelles et des pioches a encore de beaux jours devant lui.
2/ Le beau, le moche et l'IA. Et si le futur du cinéma ressemblait à un dessin animé qui donne l’impression d’avoir été fait à l’arrache ? En Chine, Niu Lai, un film d'animation imaginé par une mère et son fils et réalisé avec trois bouts de ficelle, est devenu un phénomène improbable. Le scénario ? Les aventures d'un petit veau. La qualité visuelle ? Des personnages raides comme des piquets, des animations catastrophiques et des doublages improbables. À sa sortie, le film a fait un bide, avant que ses défauts ne deviennent viraux sur les réseaux sociaux. Résultat : ce petit chef-d'œuvre de mocheté a fini par cartonner au box-office, avec près de 10 millions de dollars de recettes ! Pendant ce temps, Sanxingdui: Future Past, présenté comme LE premier long-métrage chinois entièrement généré par IA à sortir en salles, vient de faire un flop monumental : à peine 180 000 dollars de recettes (pour un budget équivalent à 1,5 million de dollars) lors de ses premiers jours d'exploitation. Oups. Et ce n'est pas Elon qui va sauver l'honneur de l'IA : histoire de concurrencer Christopher Nolan (qu’il ne porte pas dans son cœur), le trillionaire a partagé une nouvelle version de L’Odyssée réalisée avec Grok, dont les premières minutes ont été copieusement moquées. De quoi rappeler le fameux « Will Smith eating spaghetti test », vidéo de 2023 où une IA transformait l'acteur en monstre dévorant des pâtes, devenue depuis un benchmark officieux des progrès de la vidéo générative. Et c’est probablement le plus drôle : en trois ans, les IA ont fait des progrès hallucinants, c’est vrai, mais visiblement, ça ne suffit toujours pas pour faire de bons films.
3/ En allant farfouiller dans le smartphone de son copain, Lindsey Hall, une jeune Américaine, a eu une très mauvaise surprise : elle est tombée sur une conversation intitulée « Relationship Issues and Uncertainty ». Dedans : une avalanche de critiques sur elle, son physique, des doutes sur leur relation et une petite phrase qui lui a fait l’effet d’une bombe : « I’m just not proud of her ». Paf ! Cerise sur le gâteau : ChatGPT conseillait carrément à son petit ami de se séparer d’elle. Tout simplement. Re-paf ! Le magazine américain Time consacre un long papier à ce nouveau phénomène : ce que les conversations avec les chatbots racontent de nous, et comment l’IA s’immisce lentement mais sûrement dans notre intimité. Nombreux sont ceux qui, complètement désinhibés, leur dévoilent des fantasmes, envies cachées ou encore frustrations (soigneusement dissimulées derrière l’habituel vernis du « mais oui mon amour tout va bien »). Et le phénomène dépasse quelques anecdotes : selon une étude datant d’août dernier, 36% des personnes en couple interrogées ont déjà utilisé l'IA pour obtenir de l'aide dans leur relation. Une autre enquête révèle qu'un adulte sur dix utilise un chatbot pour obtenir du soutien ou des conseils émotionnels. Par contre, est-ce que fouiller le ChatGPT de son partenaire, c’est vraiment comme lire son journal intime ? Vous vous en doutez : il y a évidemment des risques de complaisance, les chatbots pouvant avoir tendance à conforter les utilisateurs dans leurs propres perceptions (ce n’est pas pour rien que certains tombent carrément amoureux de leur LLM). Mais le plus croustillant, c'est peut-être ce que ces conversations révèlent de nos intentions : Lindsey a découvert que son copain demandait à ChatGPT de répondre à sa place à ses messages, avec comme consigne : « dis-lui ce qu’elle veut entendre ». ChatGPTchao ?
COINTELPRO part. 2 ?
Des agents infiltrés dans des réunions militantes, des drones militaires au-dessus des manifestants et des conversations Signal espionnées… Dites bonjour à l’Amérique d’aujourd’hui ! Dans une enquête édifiante, Wired raconte comment la fameuse police américaine de l'immigration (ICE) a déployé un gigantesque dispositif de surveillance contre des militants opposés aux expulsions. Au cœur de l'affaire : 15 habitants du Minnesota, poursuivis pour avoir organisé des réseaux de bénévoles chargés de suivre les déplacements des agents fédéraux. Pour les surveiller, les autorités auraient mobilisé près de 120 enquêteurs, dont 11 agents infiltrés, et utilisé des moyens normalement réservés aux enquêtes sur le terrorisme et la criminalité organisée. Comme l'avaient déjà révélé The Guardian et NPR, les agents fédéraux se sont même invités dans des églises et des réunions associatives. Mais le plus flippant, c'est sans aucun doute l'arsenal (numérique) déployé : 15 téraoctets de conversations Signal récupérées grâce à des infiltrations et passées au peigne fin, des transactions PayPal et Stripe examinées à la loupe et des informations récupérées via des courtiers en données personnelles…
Pour plusieurs anciens responsables fédéraux interrogés, ces méthodes rappellent COINTELPRO, un programme secret du FBI lancé en 1956 pour surveiller, infiltrer et déstabiliser des mouvements situés à gauche de l’échiquier politique. Parmi ses cibles : les Black Panthers, les opposants à la guerre du Vietnam ou encore Martin Luther King. Le programme a été révélé au grand jour en 1971, après le cambriolage d’un bureau du FBI par des militants qui ont transmis ses archives à la presse. 55 ans plus tard, la comparaison ressurgit avec une différence majeure : aujourd’hui, les enquêteurs disposent aussi de vos métadonnées, de vos paiements en ligne et de tout un marché de données pour reconstituer une bonne partie de vos déplacements. Une chose est sûre : J. Edgar Hoover aurait adoré avoir accès à votre historique PayPal !
Après l’inondation, qui est là pour vous aider à repartir ?
On ne va pas se mentir : l’assurance, c’est rarement le sujet le plus passionnant du dîner. Jusqu’au jour où l’eau s’invite dans votre salon (a priori pas pour prendre l’apéro).
Début 2024, dans le Pas-de-Calais, des inondations historiques ont laissé derrière elles des maisons dévastées, des commerces sinistrés et des habitants qui ont parfois tout perdu. Face à l’urgence, une question très concrète se pose : comment se relever quand tout est à reconstruire ?
Alors installé à Neuville-sous-Montreuil, François Hardelin, agent Allianz, et ses équipes se sont mobilisés pour accompagner les sinistrés, trouver des solutions et les aider à envisager l’avenir.
Allianz France raconte cette mobilisation dans une courte vidéo, à travers les témoignages de celles et ceux qui ont vécu ces inondations. Une histoire qui rappelle qu’une assurance, ce n’est pas seulement un contrat qu’on range dans un tiroir.
Pour découvrir le reportage, c’est par ici.
Allez, bisous !
Merci d'avoir perdu 5 min.
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Bonus : Le job du futur : promeneur de chien-robot – Mieux que le métier de journaliste, bientôt remplacé par… des agents IA – Oubliez les perroquets stochastiques, les chatbots sont les nouveaux conteurs grecs – La détestation de l’IA serait-elle un truc de pays riches ? – Comment les fameux micro-trottoirs dans les rues de New York sont devenus des small talks avec des multimillionnaires – Pendant ce temps, Microsoft prévoit de se débarrasser de… 60 000 employés – La nouvelle occupation des riches boomers américains : le SKI (spending their kids’ inheritance) – Pendant que d’autres Américains ont cru à l’European dream – Heineken lance un Netflix de la pub – Est-ce qu’il faut couper les ponts avec vos amis qui bossent « chez les méchants » ? – Bientôt la fin des juniors dans les entreprises – La star de l’early-TikTok s’émancipe enfin – C’est de plus en plus dur de spotter une image faite à l’IA, mais c’est toujours possible – La Gen Alpha ne rigole pas du tout avec le look – Et on range son smartphone quand on est sur le dancefloor – Les ventes du merch de Trump s’effondrent – Et on a enfin le mot de l’année – Même si nous on préfère celui-là – Allez, pour finir, si on laissait Internet crever ? – La suite tout bientôt… Allez, bisous !
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