Gros comme une maison

La shrinkflation de l'IA – la « clip economy » – les AI boyfriends – votre newsletter préférée est de retour avec des dizaines d'infos incroyablement zinzins (mais vraies) sur le flippant (mais fabuleux) monde de la tech… Let's go !

Tech Trash
5 min ⋅ 15/05/2026

TOUT D’ABORD…

Salut tout le monde !

Et bien le bonjour à notre maître zen (à tous) Sam Altman, qui déclare avoir « des fusils, de l'iodure de potassium doré, des antibiotiques, des batteries, de l'eau, des masques à gaz de l'armée israélienne et une grande parcelle à Big Sur, où (il peut se) rendre en avion ». OK… En passant, ne serait-il pas également un menteur patenté ? Sur ces bonnes paroles, voici notre petite sélection de news croustis de la semaine ! Allez, c’est parti : 

1/ Mauvaise nouvelle : l’IA est officiellement entrée dans sa phase de « shrinkflation ». Vous savez, comme pour les paquets de chips qui coûtent de plus en plus cher avec de moins en moins de chips dedans : les abonnements IA deviennent progressivement plus limités, plus bridés… et plus chers. GitHub a restreint Copilot, Anthropic a reconnu avoir servi une version light de Claude Code, OpenAI multiplie les niveaux d’abonnement sans que l’on sache vraiment ce qu’on paie (notamment autour de Codex)… Bon, le problème, on le voyait venir gros comme une maison : l’IA s’infiltre partout, que ce soit à Hollywood ou dans les lycées américains (où les notes ont mystérieusement commencé à grimper). Résultat : même si 84% des humains n’ont jamais utilisé l’IA, l’infrastructure commence déjà à craquer, vu que la majorité du temps elle ne fonctionne désormais plus comme un simple chatbot à l’ancienne (comme celui du SAV de votre banque), mais comme une immense boîte de conseil invisible tournant en permanence en arrière-plan, avec des dizaines d’agents, de sous-agents et d’outils connectés entre eux. Évidemment, les forfaits illimités vendus au départ par les plateformes ne tiennent plus du tout la route économiquement. Les conséquences sont nombreuses : d’un côté, les géants de la tech construisent des data centers de plus en plus énormes. De l’autre, chez les geeks les plus avancés, on assiste à l’apparition de mini-data centers personnels pour faire tourner des LLM localement depuis leur salon (souvent via des Mac Mini, dont Apple vient justement d’augmenter le prix de… 50%). Et derrière cette fuite en avant apparaît une autre question : si le coût du calcul informatique continue d’exploser, il se pourrait qu’à certains endroits… le travail humain redevienne moins cher que l’IA. Ajoutez à ça l’idée de donner un « salaire minimum » aux robots – finalement, le « grand remplacement » attendra peut-être encore un peu.

2 / On le savait déjà : notre temps d’attention moyen serait de 8 secondes, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas spectaculaire. Dernier arrivé en date de cette économie de l’attention dégradée, la « clip economy », à savoir l’avalanche d’extraits vidéo tirés de podcasts ou d’autres contenus longs spécialement calibrés pour les réseaux. Rien de bien nouveau, en apparence, sauf que ces extraits sont en réalité au centre d’une vaste industrie qu’on ne soupçonne pas. Exemple : il y a quelques semaines, OpenAI rachetait le podcast tech TBPN pour 200 millions de dollars, alors que chaque épisode n’affichait qu’environ… 7 000 vues. Car le vrai pactole se cache ailleurs : dans les extraits (tous monétisés), qui cumulent, eux, des millions de vues et rapportent bien plus que l’émission elle-même : « Les “clips” ne sont plus un simple dérivé du produit principal, ils constituent le produit principal. » explique le journaliste Ed Elson. Aux États-Unis, les influenceurs emploient désormais des armées de « clippers », bien souvent de « jeunes slovaques qui ont la dalle », et leur job est tout simple : éditer des centaines d’extraits à la chaîne pour les jeter en pagaille sur les réseaux et voir lesquels parviennent au graal de la viralité. Si Andrew Tate a été le premier à employer cette méthode, c’est aujourd’hui son alter ego masculiniste Clavicular (le king du « looksmaxxing », vous vous rappelez ?) qui domine l’industrie. Selon The Verge, plus de 1 600 clippers auraient édité ses vidéos le mois dernier, avec près de 70 000 extraits et plus de 2 milliards de vues. Bref, qu’on le veuille ou non, la clip economy semble être là pour rester, la preuve, on parle déjà de « Chief Clipping Officer ».

3/ Et pour finir, avez-vous succombé à la « Attalourné » mania ? Selon un article aussi super qu’improbable du média Euractiv, on apprend que le retour du couple Gabriel AttalStéphane Séjourné affole les réseaux sociaux chinois. Ça donne des fanfictions (près de 400 tout de même), des vidéos absurdes sur TikTok (comme ici), des débats enflammés sur RedNote et Weibo, et des déplacements en masse d’étudiants chinois aux dédicaces de l’ancien premier ministre (si si, vraiment !). Et si rien ne prédestinait Stéphane Séjourné, commissaire européen à l’industrie et aux PME, à devenir l’idole des jeunes chinois, Gabriel Attal, lui a toujours couru après la hype, que ce soit sur TikTok (avec plus de 27 millions de likes tout de même), BeReal, et même sur Strava. Bref : vous l’aurez compris, Gab est « prêt à tout » pour faire trembler Édouard Philippe, y compris au plus cringe. Bon, après, y a toujours pire, hein.


L’INNOVATION INUTILE DE LA SEMAINE

Le « AI boyfriend »

Après les robots compagnons, dites bonjour aux « pocket-boyfriends » ! En effet, aux États-Unis et en Asie, des millions de jeunes femmes passent désormais une bonne partie de leur temps sur Love and Deepspace, un simulateur amoureux où des petits amis virtuels ultra-attentionnés, ultra-beaux gosses et émotionnellement disponibles vivent… dans votre smartphone. Et contrairement aux hommes IRL, ces derniers ne vous ghostent pas après trois dates et n’écoutent pas de podcasts masculinistes… Certaines « joueuses » sont tellement à fond qu’elles emmènent même leur nouvel amoureux au resto, en vacances ou au café du coin, téléphone posé en face d’elles comme s’il s’agissait… d’un vrai date

Évidemment, ça peut paraître loufoque, sauf qu’en réalité, cette histoire raconte en filigrane l’effondrement psychologique complet (ou presque) du dating moderne. Entre les applis de rencontre devenues des enfers algorithmiques (et ce n’est que le début, vu que Bumble vient d’annoncer vouloir mettre fin au swipe en reboostant son outil de recommandation avec de l’IA) et la fatigue émotionnelle généralisée, les petits amis virtuels apparaissent comme une alternative étonnamment confortable : toujours dispos, gentils, à l’écoute et programmés pour vous valoriser (certaines joueuses expliquent même qu’ils leur ont permis de mieux comprendre leur féminité). Quand on sait que le phénomène inverse existe aussi (des hommes qui ne s’intéressent plus à leur compagne parce qu’ils sont omnubilés par l’IA), on se dit qu’il est peut-être temps de revenir au bon vieux dating à l’ancienne (dont même Hollywood fait la promo), non ?


ET POUR FINIR… LE BON PLAN (PROMO) DE LA SEMAINE

Et si vous pouviez investir dans des lieux où vous auriez (vraiment) envie d’aller ?

C’est (à peu près) l’idée derrière MOMOAMO. Le concept : acquérir et transformer des maisons d’exception en lieux pensés pour les séminaires d’entreprise. Des grandes bâtisses rénovées, avec spa, tennis, nature, à l’image de la première maison MOMOAMO : un vaste domaine à une heure de Paris, pensé pour les équipes qui veulent s’évader de leurs open spaces.

Et vous, vous pouvez investir dès 2 000 €, avec un horizon de 5 ans et un rendement cible de 12 % par an, basé à la fois sur la valorisation du bien… et les potentiels revenus générés par son exploitation. Derrière, il y a un vrai marché : +30 % par an, porté par les boîtes qui veulent (vraiment) se retrouver autrement. Et surtout, un opérateur unique qui s’occupe de tout (de l’achat à l’exploitation), donc pas besoin de craindre les travaux ou les locataires.

Le tout avec une sortie prévue dès le départ : c’est MOMOAMO qui rachète pour continuer à faire tourner les lieux. Pour découvrir le projet et investir, ça se passe par ici.

⚠️ Investir comporte des risques de perte partielle ou totale en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.



Allez, bisous !Allez, bisous !

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(Et un bon week-end à tous). ❤️‍🔥

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Bonus : Plutôt une centrale nucléaire ou un data center dans votre jardin ? – Marc Andreessen ne pige visiblement rien à l’IA – Les marques s’excusent de plus en plus d’avoir utilisé l’IA dans leurs pubs – Et vous, ça vous dit de payer votre gosse pour éditer vos vidéos TikTok ? – La « confiance toxique », ça vous parle ? – Comment la « manosphère » a infiltré le monde du travail – Le retour (du retour) des écouteurs filaires – Et celui de la clope – Ne répondez plus au téléphone, même si c’est pour dire « allo » – Et ne posez plus en faisant le V avec les doigts – Les bagels sont la nouvelle passion des fonds d’investissement – Face aux plans foireux des influenceurs, le retour des agents de voyages – Et même des petites annonces ! – Ça va pas fort chez Meta – Ça y est, les agents IA deviennent marxistes – Un jour complet sans plateformes tech américaines, est-ce vraiment possible ? – La suite… la semaine prochaine !


Nota Bene : si jamais vous recevez ce mail alors que vous vous étiez déjà désinscrit il y a quelque temps, si vous le recevez en double, si vous avez l’impression de ne plus recevoir Tech Trash, ou encore que votre newsletter favorite arrive désormais dans les spams, n’hésitez pas : écrivez-nous à hello@techtrash.fr. On répond à tout le monde (même si ça peut mettre quelques jours), requêtes, questions, mots d’amour… promis 😘

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